• Caroline Cugnet

L'Endométriose

Mis à jour : mai 11

L'endométriose est une maladie complexe dont les causes ne sont pas encore bien connues. Elle touche de nombreuses femmes de par le monde, on parle d'une 1 sur 10. Le plupart d'entre elles sont atteintes sans le savoir, en effet les symptômes sont malheureusement encore trop souvent associés à des troubles du cycle menstruel jugés normaux. Les femmes sont souvent dans une errance médicale, il faut en moyenne 7 ans pour que le diagnostic soit posé. Actuellement il est difficile de dire que l'on peut en guérir.

En quoi cela consiste ? Des cellules semblables, mais pas identiques, à celles de l'endomètre (paroi de l'utérus), se développent anormalement en dehors de l'utérus. On peut en trouver sur d'autres organes (intestin, reins, poumons ...), muscles (diaphragme ...), viscères (vessie ...). Ces lésions sont inflammatoires et réagissent notamment au moment des menstrues. Les lésions peuvent être superficielles, profondes. Il y a un déséquilibre hormonal.

Quels sont les symptômes ? Douleurs au moment des menstrues, de l'ovulation, de la miction, de la défécation, lors des rapports sexuels, les douleurs sont musculaires, pelviennes, dorsales, ventrales. Elles s'accompagnent souvent d'une fatigue chronique et d'une digestion difficile. Les règles sont très abondantes. Il peut y avoir une difficulté voire une impossibilité à être enceinte. Ces symptômes et leur intensité varient d'une femme à l'autre, ils dépendent notamment de l'emplacement des lésions.

Quel traitement ? En France, les médecins proposent des traitements hormonaux et des actes chirurgicaux pour d'une part limiter l'inflammation (en supprimant les menstrues) et d'autre part tenter de faire disparaître les lésions. Au quotidien, prescription d'antalgiques et d'anti-inflammatoires pour soulager les douleurs (qui souvent reviennent). Il existe quelques lieux pluridisciplinaires qui proposent en complément des prises en charge par des médecines alternatives mais ils sont encore peu nombreux. A ce jour, seule l'exérèse totale chirurgicale permet la suppression totale des lésions, mais cette technique est encore très peu développée en France.

Quelles conséquences dans la vie de tous les jours ? Les symptômes peuvent être très invalidants. La vie professionnelle peut être impactée avec de nombreux arrêts maladies, des difficultés à garder son poste si le corps est trop meurtri, ce qui peut entraîner des incompréhensions, des tensions avec ses collègues et son employeur. Cela peut être générateur d'angoisse - peur d'être encore absente, de perdre son travail. La vie sociale, les soirées que l'on décommande au dernier moment parce que la douleur voue cloue au lit. La vie amoureuse car les rapports sexuels sont douloureux, la libido malmenée et les projets de créer une famille peuvent être compromis. La confiance et l'estime de soi peuvent être entamés. A cela s'ajoute les effets secondaires des médicaments comme des migraines, de la fatigue, une prise de poids, des conséquences sur la masse osseuse.

Sur quoi on peut agir ? Il est intéressant, comme dans toute pathologie, de comprendre ce que l'on peut changer dans son quotidien pour ne pas dépendre que des traitements médicaux pour aller mieux.

Il y a plusieurs domaines sur lesquels on peut agir :

- l'alimentation. C'est une alliée précieuse et il est bon de connaitre les aliments qui nous font du bien et ceux qui nous font du mal. L'alimentation anti-inflammatoire est intéressante à explorer et c'est un pilier très important pour gagner en qualité de vie. Et du bon sens : manger sain, des produits de saison, non transformés.

- le corps. Bouger, marcher, faire du sport, respirer, se faire masser. Il est essentiel d'oxygéner notre corps, de le mettre en mouvement pour limiter les adhérences. Le yoga, le pilates, la natation, la marche rapide, le tai chi sont des pratiques précieuses. Les plantes sont très intéressantes que l'on soit sous hormones ou pas. Elles peuvent aider pour les douleurs, l'abondance des règles, la réduction de l'inflammation. En teinture mère, gélules, huiles essentielles, tisanes. Penser également aux cosmétiques, produits ménagers, périodiques, on fait la chasse aux perturbateurs endocriniens dans leur composition. On essaye d'utiliser des produits simples avec peu d'ingrédients, le tout d'origine naturelle.

- l'esprit. Les douleurs ne sont pas dans la tête mais celle-ci à son importance dans leur gestion. Il existe de nombreuses techniques qui peuvent permettre de calmer les angoisses, le stress, les montagnes russes émotionnelles générées par la maladie. La sophrologie, la méditation, la cohérence cardiaque sont une aide précieuse. Les plantes peuvent aussi avoir une action sur les émotions. En huiles essentielles, élixirs floraux, gélules. Il peut être également intéressant, pour celles à qui cela parle, de faire un travail sur son féminin, sur ses blessures, un travail sur le transgénérationnel, Cet aspect est propre à l'histoire de chacune et peut constituer un levier d'action qui nous appartient.

Etre bien entourée, entendue et comprise est très important et malheureusement il y a encore beaucoup de femmes qui se sentent seules, jugées, incomprises. Le corps médical évolue dans sa prise en charge, il y a des médecins merveilleux mais il y a aussi des médecins culpabilisants, ne connaissant que très peu cette maladie et qui ne sont pas dans une écoute bienveillante de leurs patientes. Il est important d'être bien accompagnée autant sur le plan médical que sur un plan holisitique et de prendre le temps de trouver les soignants et les accompagnants en qui vous aurez pleinement confiance.


Pour aller plus loin :


Des podcasts sur https://endoed.org/

Blogs à aller visiter : Endométriose mon amour, Endométriose de Giselle Frennette, et le dossier Endométriose de Pharmacritique (Lanceur d'alerte)

Association Endomind - www.endomind.org

Des références de livres à retrouver dans l'article "Bibliothèque de 13 lunes"







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